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Remise du 20ème Prix FACCO "Nutrition et Santé animale"


En 1979, il y a donc près de 40 ans, la FACCO instituait un prix destiné à récompenser les docteurs en médecine vétérinaire. Notre Profession reconnaissait ainsi l’apport scientifique des recherches d’une étudiante ou d’un étudiant sur la nutrition et ses aspects fondamentaux ou appliqués aux animaux familiers, la physiologie et biochimie de ces animaux, ou la pathologie de ces animaux, liée à la nutrition. Le jury de ce prix, décerné tous les deux ans, est présidé par le docteur Robert MORAILLON.

Le 20ème prix "Nutrition & Santé animale" a été remis le 18 mai 2017 dans le cadre de l’Assemblée Générale FACCO à Tiphaine EVELLIN pour sa Thèse de doctorat vétérinaire portant sur l’Elaboration des grilles d’évaluation de la qualité de vie du chien et du chat.

Le Professeur Robert MORAILLON - Président du jury du Prix FACCO Nutrition et Santé animale - revient sur les points clés de la thèse primée :

La question du bien-être et de la qualité de vie de l’animal est d’actualité comme en témoigne l’amélioration du statut juridique de l’animal depuis la loi du 16 février 2015 : celui-ci n’est plus considéré comme un bien meuble mais comme un être vivant doué de sensibilité. Les propriétaires d’animaux de compagnie ont d’ailleurs intégré cette notion depuis longtemps en les assimilant aux membres de leur famille ce qui les conduit à se préoccuper de la qualité de leur vie.

L’auteur se propose de créer un moyen pratique d’évaluation de la qualité de vie de l’animal afin de pouvoir l’améliorer, notamment lors d’une consultation vétérinaire.

Dans la première partie de son travail, Tiphaine EVELLIN fait une étude bibliographique qui lui permet de comparer les critères utilisés pour définir les termes de bien-être et de qualité de vie de l’homme et de l’animal.

L’OMS montre en 1995 que chez l’homme, le bien-être est un concept multidimensionnel.

Chez l’animal, l’auteur propose un concept bidimensionnel, objectif et subjectif, qui reflète le statut moral et physique de l’animal dans son contexte de vie en évaluant plusieurs paramètres : la santé, les sollicitations intellectuelles (jeu, travail, apprentissage), les relations sociales inter et intra-spécifiques, l’environnement et la sécurité, mais aussi les expériences subjectives ressenties par l’animal telles que l’état psychologique, les sentiments de plaisir et les émotions positives.

La notion de qualité de vie – largement employée par différents auteurs – reconnaît des définitions variées. Il s’agit d’une notion subjective propre à chaque individu, variant selon un continuum de bonne à mauvaise, dépendant des stimuli internes, externes et environnementaux, ainsi que de l’expérience de l’individu, de ses attentes et de sa capacité à anticiper et appréhender les évènements.

Les outils d’évaluation de la qualité de vie sont ensuite passés en revue chez l’homme et chez l’animal. Différentes grilles ont été proposées par l’OMS chez l’homme fondées sur l’étude de plusieurs domaines : état physique, état psychologique, degré d’indépendance, relations sociales, environnement, spiritualité (religion, croyance). Chez l’animal de nombreux questionnaires ont été utilisés faisant intervenir à des degrés divers des questions sur l’état physique, l’état psychologique, la sociabilité et l’environnement ainsi que des questions permettant d’évaluer l’impact du lien Homme-animal par le propriétaire lui-même. L’auteur a recensé 8 questionnaires élaborés par différents spécialistes. Actuellement il n’existe aucun « gold standard » pour l’évaluation de la qualité de vie de l’animal : la validité et la fiabilité de la plupart des questionnaires n’ayant pas été étudiées.

Dans la deuxième partie de sa thèse, Tiphaine EVELLIN a élaboré deux types de questionnaires diffusés par internet destinés les uns aux propriétaires d’animaux, les autres aux vétérinaires, dans le but d’estimer l’intérêt des critères utilisés dans ces deux catégories de populations pour évaluer la qualité de vie de l’animal.

1482 réponses ont été obtenues (697 émanant de propriétaires et 785 provenant des vétérinaires). Ces réponses ont fait l’objet d’une étude statistique montrant les convergences et les divergences de conception entre les propriétaires et les vétérinaires. Différents domaines sont abordés concernant l’importance du bien-être et de la qualité de vie, la relation entre propriétaires et vétérinaires facilitée par l’outil d’évaluation de la qualité de vie de l’animal, les objectifs poursuivis lors de la mise en place d’un traitement palliatif ou encore les critères utilisés pour évaluer la souffrance et la qualité de vie d’un animal atteint par une maladie chronique.

L’étude statistique par l’auteur des résultats de ces deux questionnaires est faite avec une très grande rigueur. Le travail très important de Tiphaine EVELLIN est une mine de renseignements pour les propriétaires d’animaux et pour les vétérinaires : l’évaluation de la qualité de vie de l’animal peut servir de support pour les prises de décision, permet d’énoncer les possibilités de traitement, facilite le suivre l’animal au cours de l’évolution de sa maladie et le cas échéant la préparation du propriétaire à la perte d’un être cher.

Cette thèse est l’aboutissement d’un important travail poursuivi avec rigueur et excellemment présenté à l’aide de nombreux tableaux et schémas.

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